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Catcheur mexicain : Dr. Rabias, l’artiste qui habille les luchadores de l’Arena México

Stand de Dr. Rabias devant l'Arena México — merchandising artisanal de lucha libre 2025
Le stand de Dr. Rabias devant l’Arena México, avec ses illustrations et objets collectors de luchadores

Devant l’Arena México, un stand pas comme les autres

Les soirs de lucha libre à Mexico, l’effervescence commence bien avant le premier combat. Devant l’Arena México, entre les vendeurs de masques et les stands de tacos, un étal attire l’œil des aficionados : celui de Dr. Rabias. Des stickers de catcheur mexicain aux couleurs vives, des porte-clés à l’effigie de Pentágon, des t-shirts sérigraphiés de Mr. Niebla — chaque pièce est signée de la main d’un seul homme.

Depuis plus de dix ans, Dr. Rabias est devenu une figure incontournable de l’univers de la lucha libre mexicaine, non pas sur le ring, mais juste à côté : là où la culture du catch mexicain se transforme en art.

Du journalisme politique au street art

Derrière le personnage de Dr. Rabias se cache Edgar Vargas Reyes, diplômé en communication de l’UNAM et en animation cinématographique de l’UCLA. Avant de dessiner des luchadores, il couvrait la politique mexicaine pour La Jornada et El Nacional.

En 2000, lassé du journalisme, il bifurque vers l’illustration pour des magazines de tatouage, de rock et de skate. Puis vient le déclic : le street art. Avec son projet Ataque Ninja, il envahit les murs de Mexico de pochoirs et d’autocollants peuplés de martiens, de pistoleros et — déjà — de luchadores masqués.

Sa fille Edén, qu’il surnomme La Princesa Ninja, grandit au milieu des aérosols et des plantillas. L’art de rue mène naturellement Dr. Rabias vers l’univers qui deviendra son terrain de jeu définitif : la lucha libre.

200 luchadores, un illustrateur

Tout commence quand deux catcheurs lui demandent de dessiner leur personnage pour des t-shirts. Puis quatre. Puis vingt. Aujourd’hui, Dr. Rabias a créé du merchandising pour près de 200 luchadores, des légendes comme Pagano et Pentágon aux figures populaires comme Súper Pinocho et Kemuñeco Súper Ratón.

Sa méthode : « mélanger le personnage et ses vivencias » — plonger dans l’histoire et la personnalité de chaque lutteur pour créer des illustrations qui ne sont pas de simples portraits, mais des condensés d’identité. T-shirts, stickers, porte-clés, figurines de collection : chaque objet raconte quelque chose du luchador qu’il représente.

Son stand devant l’Arena México est devenu un rituel pour les fans de lucha libre. On y vient autant pour l’art que pour le catch.

Le masque, bien au-delà du ring

Ce que le travail de Dr. Rabias met en lumière, c’est que la lucha libre dépasse largement le sport. Le masque de luchador est un objet culturel à part entière : symbole d’identité, de mystère, de fierté populaire. Les grands noms — El Santo, Blue Demon, Rey Mysterio — ont transcendé le ring pour devenir des icônes du Mexique, au même titre que Frida Kahlo ou les calaveras du Día de Muertos.

C’est de là que viennent nos masques de lucha libre et nos objets collector, du poste de Dr. Rabias et de ses voisins, directement aux abords des Arenas les soirs de match. Une plongée directe dans l’univers authentique de la Lucha Libre à Mexico.

Une légende en construction

On ne sait pas trop sir Dr. Rabias a été aussi un vrai catcheur mexicain ou non. Selon les soirs et les interlocuteurs il a été sur le ring et s’est retiré pour raisons personnelles, ou pour une blessure, ou pour … en fait on ne sait pas. Selon d’autres interlocuteurs Dr. Rabias n’a jamais été un vrai catcheur mexicain mais tire sa notoriété des multiples collaborations avec le monde professionnel de la lucha libre.

En fait seul lui et son épouse savent. Peu importe. Loin du petit poste de rue niché entre les autres où ils accueillent leurs clients, la légende de Dr. Rabias se construit et se répand. C’est cette légende la vérité !

ana carrillo dr rabias mexico2025
Ana Carrillo au stand du dr rabias – Mexico 2025